(Stéphane Barthod le 06/05/2016)

Pour ce premier concert du jeudi, Edward Perraud nous emmène dans son « synaesthetic trip », un projet qui vit depuis plusieurs années déjà. Quelle est la couleur d’une musique ? Le son d’une peinture ? Le goût d’une symphonie ? L’odeur d’un souvenir ? Le batteur nous invite à voyager entre les sens, le Magic Mirrors se prêtant particulièrement bien à l’expérience, avec son kaléidoscope de couleurs…

Edward Perraud © Stéphane Barthod

Edward Perraud © Stéphane Barthod

« Lascia fare mi » – Laisse-moi faire – ouvre le concert, devenant par la grâce du jeu une suite de notes, la sol fa ré mi… Je serais curieux d’entendre un jour ce que Perraud ferait de « La sole si facile à dorer ». Jeu de l’esprit, invention, sont pour le compositeur une source d’inspiration qui ouvre la porte à l’émotion. C’est Mezz Mezzrow je crois qui, dans son livre « La rage de vivre », disait que le jazz était à la fois le cœur, la tête et les tripes. Edward Perraud en est l’exemplaire illustration : l’esprit et le corps sont chez lui intimement associés. Lorsqu’on le voit derrière ses fûts et ses cymbales, il donne d’ailleurs l’impression de danser avec son instrument. On retrouve cette dualité dans sa musique, faite de rigueur et de liberté, l’un n’allant jamais sans l’autre, et c’est précisément le sens du titre de son deuxième album avec ce projet « Beyond the predictable touch » : « l’imprévisibilité est peut-être la manière la plus jazz qui soit » nous dit-il.

Thomas de Pourquery © Stéphane Barthod

Thomas de Pourquery © Stéphane Barthod

Son jeu de batterie est à la fois coloriste, mélodiste, en interaction permanente avec les autres musiciens, en relance et contrepoint. De contrepoint il est question d’ailleurs avec « Nun Komm », une magnifique offrande à Jean-Sébastien Bach qui finit par évoquer une marche lent de fanfare New Orleans où se mêlent les lignes improvisées des soufflants. Le concert se terminera avec « Captain universe », un morceau dédié au cosmos, magnifique composition qui m’évoque le Liberation Music Orchestra de Charlie Haden. Vivement un troisième voyage synesthésique !

Daniel Erdmann © Stéphane Barthod

Daniel Erdmann © Stéphane Barthod

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