Invitée du festival pour la troisième fois, Youn Sun Nah nous fait l’honneur de démarrer sa tournée mondiale à Jazz sous les Pommiers avec deux concerts, jeudi et samedi.

Depuis le début de la semaine, la chanteuse coréenne s’est installée à Coutances pour répéter avec sa nouvelle formation. Après une année sabbatique à laquelle elle avait fait une seule entorse, là encore pour venir à Jazz sous les Pommiers sur un projet d’Airelle Besson, Youn Sun Nah cherchait un nouveau son et elle a rencontré en novembre 2016 Jamie Saft, fameux musicien new yorkais qui a notamment collaboré avec John Zorn, Laurie Anderson ou encore John Adams. Le bassiste Brad Jones et le batteur Dan Rieser se sont rapidement joints au projet et un album, réunissant des titres issus pour la plupart du répertoire pop ainsi que des compositions personnelles, a été enregistré en décembre à New York. Ce soir, la chanteuse démarre le concert en douceur, avec la belle ballade « Traveller » qui ouvre également l’album. Elle enchaîne avec une chanson de Lou Reed, « Teach The Gifted Children », ballade rock sur tempo medium, et un titre de Joni Mitchel, « The Dawntreader » qu’elle s’approprie à merveille, toute en sensibilité. Vient alors un des moments forts de la soirée – il y en aura plusieurs – avec la reprise de « Driftins » de Jimi Hendrix : tempo lent, musique ample, une montée en puissance tellurique où la guitare distordue et la voix exceptionnelle de la chanteuse nous entraînent vers des sommets d’énergie et d’émotion. On se remet doucement de ce moment avec « Too late », joli blues lent composé par Jamie Saft, et la chanteuse nous « cueille » à nouveau avec un bouleversant « Black is The Color Of My True Love’s Hair », qu’elle chante avec intensité, accompagnée seulement par quelques notes qu’elle égrène à la sanza et une contrebasse discrète. Retour à un peu de légèreté dans un esprit bossa-nova avec « Evening Star » et un « She Moves On » de Paul Simon, enlevé et énergique. Après « In My Heart », Youn Sun Nah nous emmène à nouveau bien loin sur « A Sailor’s Life », long titre incantatoire où sa voix glisse parfois vers des notes évoquant le chant indien, avec une montée de la musique par vagues successives qui évoque la force de « The End » de Doors. La soirée s’achèvera plus tranquillement avec « No Other Name » de Peter, Paul and Mary interprété en duo avec Clifton Hyde à la guitare et une reprise de Tom Waits : « Jockey Full of Bourbon ».

La chanteuse a trouvé là un nouvel écrin à sa voix, le groupe lui apporte de nouvelles couleurs stimulantes, et si le concert de samedi ainsi que le reste de la tournée sont à la hauteur de cette soirée, nul doute que de nombreux grands moments sont encore à venir !

Texte et photos : © Stéphane Barthod
#JSLP2018 : Le blog !
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Pendant toute la semaine du festival, à partir du 5 mai, retrouvez le blog Jazz sous les pommiers ! Reportages et comptes-rendus signés Stéphane Barthod

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