Batteuse de toutes les rencontres, sans œillères, Anne Paceo nous propose une nouvelle création ce soir : « Rewind ». Rembobiner pour un retour à ses premières amours, entre hip hop, jazz, groove et rock.

Il n’est pas question ici de concept, mais de plaisir de l’échange, du partage, des découvertes. La musicienne, éclectique et curieuse, toujours sincère dans ses démarches, fonctionne à l’envie. Il ne faut donc pas s’étonner, après la musique birmane de « Fables of Shwedagon », de la retrouver ce soir entourée de trois MC : RacecaR, Osloob, entre chant et rap, et Mike Ladd et son spoken word, qu’on a pu déjà écouter dans un contexte jazz aux côtés d’Emmanuel Bex pour un hommage à Bill Evans. Le répertoire de la soirée comprend quelques compositions inédites, mais également des titres tirés des albums de la batteuse et fortement réadaptés. Les fans de la première heure auront ainsi reconnu « Toundra » et « Tzigane », extraits de « Circle, « Innocence » qu’on peut entendre sur l’album « Yôkai » ou encore « Jasmine Flower » et « Stranger » tirés du tout récent « Bright Shadows ». Le plaisir du jeu est évident sur scène. Avec une énergie sans faille, le jeu puissant d’Anne Paceo, la basse profonde de Sylvain Daniel et la guitare distordue de Matthias Pascaud propulsent les trois maîtres de cérémonie qui s’en donnent à cœur joie devant un public enthousiaste debout devant la scène du Magic Mirrors. Petite surprise en fin de concert avec l’apparition pour un titre du saxophoniste Raphael Imbert qui se mêle à la fête avec un bonheur évident.

À noter pour ceux qui n’ont pas pu assister au concert, ou qui souhaiteraient s’y replonger, il sera diffusé dans le Jazz Club d’Ivan Amar, et il est visible par ailleurs jusque fin mai 2020 sur le site France.tv

Stéphane Barthod.

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