Django Reinhardt est décidément très présent cette année à Jazz sous les Pommiers. Rien à voir pourtant entre les concerts de Thomas Dutronc, de l’Amazing Keystone Big Band et la prestation du trio de Théo Ceccaldi !

Après trois jours de résidence leur permettant de « peaufiner » le répertoire, Théo, son frère Valentin au violoncelle et le guitariste Guillaume Aknine nous ont ensoleillés de leur musique joyeuse et sensible. En guise d’introduction, incorrigible lutin farceur, le violoniste a prévenu le public que le Django dont il était question ce soir était en fait « le labrador de Guillaume, fan de Béla Bartók et d’Elvis Presley ». Les trois compères jouent en permanence sur les contrastes, ainsi « Honeysuckle Rose » en introduction qui démarre en légers pizzicati, swingue allégrement jusqu’au solo fait de longues notes étirées, ou « Minor Swing » et la composition suivante – encore sans titre – qui alternent entre cordes à peine frôlées, passages plus « planants » et déchainements grunge. « Rythme Futur », glissant vers le free, n’aura jamais si bien porté son nom, et le trio nous entraîne vers un ailleurs lointain…  Avec la composition de Théo Ceccaldi « Currywurst », ce sont des sauts de côté permanents, des brisures rythmiques, les notes semblant bondir d’un musicien à l’autre. Associant une remarquable rigueur, un goût permanent du jeu et une grande sensibilité, les compères se donnent avec générosité, et sur « Blue Drag », Théo se déchaîne littéralement sur son violon, avant de nous offrir un « Manoir de mes rêves » tout en délicatesse.

Les dernières notes ont tout juste le temps de finir de résonner que le public est déjà debout pour un rappel ! Ce sera « Blues en mineur », composition de Django Reinhardt n’avait pas encore jusque-là jouée sur scène.

Stéphane Barthod.

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