Une fois n’est pas coutume, cette année, ce n’est pas le concert de début d’après-midi du samedi qui ouvre le festival, ayant été précédé d’une soirée inédite avec Thomas Dutronc.
Changement complet de climat avec la prestation du Mobius Ring Trio de Pascal Mabit sous le Magic Mirrors. Foin de jazz manouche : nous sommes ici dans la lignée d’Aka Moon et de Steve Coleman. On notera au passage que les deux musiciens qui accompagnent le saxophoniste aujourd’hui ne sont pas les membres habituels du trio, remplacés ici par le contrebassiste Arthur Henn et le batteur Samuel Ber, qui ont plus que brillamment relevé le défi. Le concert débute avec “Polgár”. Une introduction en forme de manifeste ? Le titre fait en effet référence à László Polgár, enseignant d’échecs qui a voulu démontrer que le génie n’est pas inné, mais acquis, et qui pour le prouver a élevé ses trois filles pour devenir championnes d’échecs. Le génie musical serait-il aussi principalement le résultat d’un long travail ?… Pascal Mabit a certainement son idée là-dessus. La suite du programme est entièrement constituée de compositions du saxophoniste, dont on a pu entendre certaines sur l’album paru en 2018 sur le Petit Label : “Pas d’bol”, “Concave”, “L’idiot du village” ou encore “DabRan” se sont ainsi succédé, offrant aux oreilles du public une musique aventureuse et joueuse. Le trio, malgré l’absence d’instruments polyphoniques – piano, guitare –, réussit à occuper l’espace sonore, tout en laissant respirer la musique : richesse mélodique et rythmique du saxophoniste, présence forte du contrebassiste au corps à corps avec son instrument, inventivité du batteur. Le concert s’achève avec deux titres enchaînés : “XPascal 2”, qui fait référence à Magic Malik et ses eXPeriences, suivi de l’hypnotique “Say what again ?”

Stéphane Barthod

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