Le temps est mitigé à Coutances en ce premier week-end du festival, mais le soleil a brillé dans la salle Marcel Hélie avec le triple concert de Biréli Lagrène en solo, duo et trio. Du jazz manouche au jazz fusion, la palette du musicien est vaste, et son talent l’est tout autant.

Faisant écho à son dernier album, c’est en solo que guitariste a entamé la soirée, alternant tempos calmes et rythmes plus enlevés. Sensible et expressif sur les premiers, il laisse parler son sens du groove sur les seconds, toujours impressionnant et virtuose, glissant ça et là avec humour de nombreuses citations, de Purple Haze à la musique de Star Wars. Le public, complice, se laisse entraîner avec grand plaisir. Les morceaux joués ici sont en grande partie improvisés, mais l’un d’eux glisse doucement vers une reprise de Shadow of Your Smile. Pour clore ce premier set, le guitariste invite sa fille Zoé sur scène ainsi que le contrebassiste William Brunard pour interpréter Angel from Montgomery, un morceau popularisé par Bonnie Raitt.

Pour la deuxième partie, Biréli Lagrène est rejoint par Ulf Wakenius, brillant guitariste suédois que les coutançais ont pu découvrir il y a quelques années aux côtés de Youn Sun Nah, et qui est un habitué des duos de guitare, ayant déjà joué dans cette configuration avec Pat Metheny, Martin Taylor, ou plus récemment Philip Catherine. Éternelle casquette vissée sur la tête, il s’installe aux côtés de son acolyte d’un soir et les deux compagnons entament un Blues pour Coutances en guise de tour de chauffe, avant de s’attaquer à quelques standards, en commençant par Got a Match, une composition de Chick Corea. Changement complet de climat avec Smile, le grand classique de Charlie Chaplin joué ici avec sensibilité, qui donne l’occasion à Biréli Lagrène de nous offrir une très jolie et spectaculaire improvisation en harmoniques – les guitaristes apprécieront. Le duo nous propose également Sunny et Isn’t She Lovely, deux titres iconiques des années 70, ainsi que le fameux « Donna Lee » en hommage à Jaco Pastorius, avec qui Biréli Lagrène avait repris ce thème dans les années 80 sur l’album Stuttgart Aria.

Le temps passe vite… tellement vite que le duo s’achève à plus de minuit, heure à laquelle c’est la soirée qui était censée se terminer… Qu’à cela ne tienne, Biréli est en forme et le public en redemande. Quelques spectateurs seulement quittent la salle, certains ayant prévu d’enchainer avec le groupe Sarāb au Magic Mirrors. Du côté de la salle Marcel Hélie, le duo laisse la place au trio, avec Franck Wolf au saxophone et le retour de William Brunard à la contrebasse. This Can Be Love, standard de Rodgers et Hart est repris naturellement en swing médium, avec tout de même une étonnante petite incartade du côté du tango. After You’ve Gone, autre standard que Django Reinhardt avait d’ailleurs lui-même joué, a droit ici à un traitement original, le thème étant repris dans un esprit plus folk que jazz, Biréli Lagrène s’offrant au passage quelques clins d’œil, notamment à Tico Tico et à Jésus que ma joie demeure, une évocation de Bach qui prend tout son sens à l’écoute du titre suivant, une composition du guitariste toute en arpèges rapides qui n’est pas sans évoquer le Cantor de Leipzig. Ulf Wakenius rejoint ensuite les trois musiciens pour le rappel.

Le concert se terminera finalement vers une heure moins le quart, le public avec le sourire aux lèvres en quittant la salle, après un concert à tous points de vue généreux.

Texte et photos : Stéphane Barthod

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