Cette 42e édition du festival touche bientôt à sa fin, et termine en beauté avec Marcus Miller. On entre tout de suite dans le vif dès les premières notes de la basse, au son unique et reconnaissable entre mille, puissant et précis, notes sur lesquelles le leader présente avec élégance ses compagnons de route, parmi lesquels le jeune Tom Ibarra à la guitare, qui avait déjà joué aux côtés du bassiste en 2016, alors qu’il n’avait que 17 ans.

C’est avec 3 Deuces que débute le concert, une revisite funky en diable du fameux A Night in Tunisia de Dizzy Gillespie, sur laquelle le saxophoniste Donald Hayes se lance dans une improvisation particulièrement intense. Sur Untamed, au tempo lourd et puissant, c’est au tour de Marcus Miller de partir dans un de ces solos épiques dont il a le secret, avant une battle d’enfer entre saxophone et guitare, suivie avec attention par le regard bienveillant et encourageant du bassiste. Ce sera le seul titre récent de la soirée, tiré de l’album de 2018 Laid Black, le reste des compositions couvrant une période qui va principalement de 1993 à 2012.

Februrary installe une plage de calme, avec toujours ce groove chaleureux, gorgé de soul. Comme son nom le laisse supposer, Jeckyll & Hyde joue ensuite sur un fort contraste entre des passages cool et d’autre nettement plus énervés, donnant l’occasion à Tom Ibarra d’offrir un superbe solo au son très rock, évoquant par moments les phrasés entre jazz et blues de John Scofield. Mr. Pastorius, hommage au grand Jaco joué à l’origine avec Miles Davis sur l’album Amandla, est repris ici dans une version très jazz, très swinguante, et s’achève sur une très longue improvisation en solo du trompettiste Russell Gunn. Ambiance à nouveau funky avec Run for Cover, toute en slap et “pêches” de cuivre. Un concert de Marcus Miller ne serait pas complet sans clarinette basse, le deuxième instrument du musicien, avec lequel il interprète ce soir avec beaucoup de sensibilité et d’émotion Gorée, un hommage poignant à cette île située au large de Dakar, qui fut un lieu de passage des esclaves en partance pour l’Amérique.

Pour finir le concert, le bassiste reprend l’incontournable Tutu, dans un arrangement toujours renouvelé. Lors de son concert précédent à Coutances, en 2012, il en avait complètement modifié la ligne de basse, qui était pourtant une signature forte du morceau. Cette fois, il joue le titre sur un rythme de zouk effréné qui nous rappelle que Miles Davis s’était passionné pour ce style dans les années 80, conseillant à Marcus Miller d’écouter le groupe Kassav qu’il présentait comme la musique du futur, ainsi que celle de Prince et de Fela.

La fête s’achève avec en rappel le fameux Come Together des Beatles revu et corrigé à la sauce Marcus Miller, donnant lieu à une succession de joutes ludiques entre les musiciens, pour la plus grande joie du public, le bassiste glissant au passage un clin d’œil au ragtime avec une citation de the Entertainer de Scott Joplin. Un magnifique bouquet final !

Texte et photos : Stéphane Barthod

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